Éloge du lauréat du prix Émile-Nelligan 2001 par Carle Coppens, président du jury
Egon Schiele, Arbres d'automne et fuchsias, 1909
Voilà un premier recueil à la voix singulière, dans lequel l'écriture, libre et belle, transmet un désenchantement tendre, ouvre des échappées à même le quotidien, se permet des raccourcis étonnants. Mathieu Boily écrit l'automne, cette saison qui " est une piste pour le grand respir à prendre ", une ultime chance avant la traversée de l'hiver. On sent que les véritables épreuves sont à venir, que le temps du recueil est celui de l'appréhension, celui d'un hors-texte pudique. Mathieu Boily écrit l'automne en écho à une saison intérieure, sans doute les suites d'une rupture, d'un départ, quelques jours de méditation " sans personne autour à décevoir " ; Mathieu Boily écrit l'automne qui rôde et s'insinue en chaque chose.

Avec ce livre méticuleusement construit, l'auteur offre une poésie sensible, personnelle et aboutie dans laquelle la nature bat aux fenêtres, où l'homme cherche sa place, son souffle et ce qu'il peut retenir avant " la rentrée du froid dans les os ".