Prix Émile-Nelligan 2017
Commentaires du jury

lus par José Acquelin, président

François Guerrette, lauréat

Constellation des grands brûlés, Poètes de brousse, 2017.

Du début à  la  fin,  ce  recueil  explore  et  exploite  bellement  la  tension  entre  violence  et  amour,  colère  et  tendresse,  détresse  et  espoir,  conscience  politique et  intimité,  grâce  à  une  écriture  qui  privilégie  les  images  fortes  comme  autant  de  coups  de  couteau  assénés  à  la  réalité.  La force  de  ce  livre  tient  dans  la  fluidité  des  figures  et  la  souplesse  avec  laquelle  les  images  sont  liées  et  s’entremêlent.  Constellation  des  grands  brûlés  est  apparu  au  jury  comme  un  livre  abouti,  fort  accompli,  signé  par  un  poète  qui  montre  et  démontre  ici  l’ampleur  de  son  talent.

Hugo Beauchemin Lachapelle, finaliste

Stainless, L’Hexagone, 2017.

Les membres du jury ont été fortement impressionnés, au travers de ce recueil, par le travail remarquable du vers, ample et rythmé, qui apporte aux actes les plus banals du quotidien un souffle de conscience et de révolte douce-amère. Sans flaflas, l’auteur décline les jours et les nuits en poèmes-lettres à son amour. Tout cela en mots simples où perce toujours une émotion vraie, authentique et sans posture. Chaque poème, faussement monolithique, relance et questionne de vers en vers la vie de l’individu dans le monde actuel et notre société. Et cette adéquation entre le fond et la forme nous touche, nous atteint et nous ébranle, comme si l’auteur s’adressait autant à nous, chacun des lecteurs, qu’à la femme aimée.

Sarah Brunet Dragon, finaliste

À propos du ciel, tu dis, Le NoroĆ®t, 2017.

Ce premier recueil, porté par un magnifique travail de la voix, nous fait entendre une fille et sa mère qui tentent d’entrer en dialogue. Un recueil d’une grande justesse de ton, d'une extrême délicatesse, qui avance par petites touches, dans un clair-obscur où finit par s’accomplir une véritable rencontre, une avancée vers l’inéluctable mais tout en douceur. La poète y développe et transforme une pratique du poème en un exercice de nudité émotionnelle, un jeu d’adresse expressive d’une rare finesse. Sobre, subtile, tout en nuances, ce recueil s’avère, selon le jury, d’une extrême efficacité.