Finaliste du prix Émile-Nelligan 2007
Kateri Lemmens Photo © Robert Etcheverry

Communiqué de presse

Les membres du jury



Kateri Lemmens,
Quelques éclats,
Les Éditions du Noroît
2007

Native des Cantons-de-l’Est, Kateri Lemmens est écrivain et professeur de lettres à l’UQAR. Certains de ses essais, poésies et fictions ont été publiés et primés au Québec, en Europe et au Moyen-Orient. Elle a ainsi été récipiendaire du concours de nouvelles de l’Université libanaise (Saïda) en 2004, du Prix de la Traductière du Concours de poésie de l’Université de la Sorbonne (Paris IV) en 2001, du concours de poème-affiche « Heureux d’un printemps » (Printemps des poètes / Paris, 1999), du Prix du Jeune Écrivain Francophone (Muret, France, 1999) et du concours littéraire Traversées de l’Agence Québec / Wallonie-Bruxelles (1997). Elle travaille actuellement sur deux projets de romans (Cette pâle immensité et La nuit, la plaine) et sur un essai (L’espoir des désespérés) où elle examine la question du sens, des valeurs, de l’espoir (et du désespoir) dans la réflexion contemporaine sur la création littéraire.

Commentaire du jury par Jacques Paquin, président

Quelques éclats Ce qu’on entend dans le recueil de Kateri Lemmens, à travers les témoignages de trois voix, c’est la rumeur d’une mer aussi déchaînée que les tumultes des passions. D’abord celle d’un homme en proie au choc amoureux et à qui la parole manque : « entre mes mâchoires / des paroles broyées / et des tendons de colère / se ravalaient en tremblant ». Une femme reçoit elle aussi cet homme « alors que monte / du sexe à la gorge / ce qui n’est plus / ni victoire ni défaite / mais alliage de nues / et
abandon ». Survient enfin une troisième voix, qui les observe tous deux et qui redispose ces éclats de dialogues en assistant à leur disparition au cœur de ce paysage marin tourmenté et obsédant. Cette poésie de fureur et d’égarement, qui évoque un amour naufragé par rafales de sensations et de bribes de paroles, nous transporte avec ses odeurs de limon de mots et de morts en des vers brefs, saillants comme les récifs auxquels se heurtent les personnages. Cette écriture allie le halètement et la douceur pour nous jeter en plein délires et désirs, là où on apprend à mourir. Ce poème qui commence dans la matière de la brume se termine avec l’épaisseur de la terre retrouvée. Cette épaisseur-là est aussi celle du texte profond, cohérent, authentique.