François Guerrette,
Les oiseaux parlent au passé,
Poètes de brousse
2009
Né dans le Bas-Saint-Laurent en 1986, François Guerrette a terminé un baccalauréat en littérature à l’Université du Québec à Rimouski, tout en collaborant à diverses soirées alliant jazz libre et poésie. En 2009, il parcourt l’Europe pendant quelques mois avant de s’installer à Montréal, où il entreprend des études de maîtrise portant sur l’acte créateur en tant qu’ensauvagement. Plusieurs fois finaliste aux Prix littéraires Radio-Canada, il a publié cette année un premier recueil, Les oiseaux parlent au passé, aux éditions Poètes de brousse.
Commentaire du jury par Pierre Nepveu, président
Ce recueil animé par la révolte et un sens aigu de l’irrémédiable annonce d’abord que l’harmonie musicale du monde est révolue. Dans des poèmes compacts, d’un rythme très sûr, François Guerette frappe, taillade, épluche sa propre peau, hume le vin des pauvres, descend dans « l’enfer cardiaque ». Le constat sur le monde actuel est sans pitié. Puissant créateur d’images, l’auteur donne un premier recueil qui s’inscrit dans une certaine tradition poétique de la violence et de la dégradation des choses et des êtres, mais sans l’imiter servilement. Les oiseaux parlent au passé manifeste une personnalité poétique déjà très affirmée, impétueuse, ferme dans sa douleur, rigoureuse dans ses excès. « J’ai froid sous mon costume de vivant » : ce seul aveu dit assez le ton de ce recueil fort, sans concessions.