Danny Plourde,
Calme aurore (s'unir ailleurs, du napalm plein l'oeil), l'Hexagone.
Dans ce recueil qui renoue avec une poésie critique et engagée et où le je est jeté aux oubliettes pour ne pas ajouter à l’imposture, Danny Plourde dit la tendresse et la rage avec des images fortes et un rythme syncopé. Les liens tissés entre le pays sans identité, la grève étudiante et le voyage en Corée pour rejoindre un amour qui l’accueille à bras ouverts mais sans pour autant pouvoir lire sa poésie, se fait sans compromis et sans complaisance. Danny Plourde a écrit des poèmes à la fois fiers et honteux, engagés et inquiets qui révèlent une voix écorchée, écartelée entre deux cultures, entre l’amour et la mémoire politique. Nous sommes touchés et pris par une écriture qui affirme ses partis pris, qui dénonce le divertissement sous toutes ses formes, y compris ceux que prodigue le spectacle de la poésie. Le recueil joue gros, au risque d’une mort en poésie alors que l’amour a eu lieu en dehors des mots. En désespoir de cause, Plourde écrit malgré tout, fait poème et s’en remet au cri et à l’indignation :
« mais qu’on lui laisse au moins
la charge de dire le monde
et la naïveté d’agir
le cœur vibrant
au bout du glaive ».