Éloge de la lauréate du prix Émile-Nelligan 2008

par Élise Turcotte, présidente du jury

Catherine Lalonde,
Corps étranger, Québec Amérique / la passe du vent
.

C’est un recueil débridé, excessif qui soumet la sauvagerie de l’Éros à l’expérience déstabilisante de l’étranger que nous livre ici Catherine Lalonde.
Sa poésie inventive, parfois drôle, parfois obscène, élève le prosaïsme et l’impudique jusqu’à une forme renouvelée du sacré en confrontant la passion
de l’étranger à une mémoire ancestrale, un héritage culturel pourtant sans cesse questionné et revisité. Le déploiement des motifs, le rythme travaillé avec une
maîtrise étonnante permet au choc des langages de faire image et de nous happer. Nous nous retrouvons alors sur la scène de l’hyperréalisme
contemporain, devant une immense aspiration à une expérience des limites. Nous ne pouvons dès lors qu’être secoués par ce grand rituel où une femme
met à l’épreuve son identité, sa vie amoureuse et poétique.