Alexandre Trudel,
Masque de taureau,
Écrits des Forges
2007
Alexandre Trudel est né en 1977 à Repentigny. Dès son jeune âge il se passionne pour la bande dessinée et la musique. Toutefois c’est vers l’écriture qu’il se tourne au milieu de l’adolescence. Il publie son premier recueil, À travers l’œil d’un Glacier, aux Écrits des Forges en 1999 et pour lequel il se mérite la mention d’excellence du prix Jacqueline-Déry-Mochon. Son deuxième recueil, Kabbale Instrumentale (2002) nous renvois à ses premiers amours de la bd et des films de série Z. Masque de taureau (2007), quant à lui, parle d’une difficile expérience de vie. Le recueil Des Robes de Baleines, publié lui aussi en 2007, raconte en images une lutte que l’auteur tient à cœur. Alexandre Trudel possède un Bac en histoire de l’art ainsi qu’un certificat en enseignement collégial, tous deux obtenus à l’Université Laval. Depuis 5 ans, Alexandre consacre tout son temps à l’écriture et au dessin.
Commentaire du jury par Jacques Paquin, président
Le poète nous convie à une sorte de corrida un peu baroque, métaphore filée tout au long du recueil qui ne perd jamais sa force et sa pertinence. Nous voici dans la logique de l’émotion, le poète se débattant dans une arène imaginaire où il doit affronter ses propres mensonges et faire tomber tous ses masques. Le poète se transforme lentement en animal traqué devant le toréador qui est nul autre que lui-même :
« Je comprends tout à présent
ce qui était obscur devient clair […]
les choses ont pris la couleur blanche
des vaches sacrées
immobiles et aveuglantes
elles sont les nouvelles chances
loin des matins sans soleil ».
C’est lui, sauvage, et le monde silencieux qui s’affronte. Le rythme est soutenu bien contrôlé dans cette poésie qui voit rouge mais qui ne tombe jamais dans l’effet ; au contraire, c’est la simplicité des vers qui nous offre parfois des coups au cœur tant les images sont justes et étonnantes. Nous saluons les belles échappées dans ce recueil très touchant où le monde est un asile où un fou monologue au beau milieu de l’arène.